TABLEAUX NOIRS

Après des tentatives pour réaliser des « tableaux noirs« , j’ai utilisé cette couleur quasi exclusivement pour structurer certaines de mes toiles (voir par exemple ce tableau ou celui-ci) afin de leur donner une force graphique indéniable.

L’USAGE DU NOIR COMME STRUCTURE ET FOND D’UN TABLEAU

Jusqu’à ces « tableaux noirs » dans lesquels cette couleur est omniprésente, l’usage du noir servait surtout deux objectifs. J’utilise d’abord du « gesso » noir comme apprêt sur toute ma toile, conformément à une longue tradition picturale. Cette technique donne à la couleur que je lui superpose à la fois profondeur et force. Ensuite, le noir apposé sur mes toiles me permet de les structurer. De par sa force chromatique, le noir à mon sens permet à la fois de conférer un « cadre » et une dimension à une œuvre et de lui donner un équilibre général.

Ainsi le noir, ou une couleur s’en approchant, est quasi systématiquement utilisé dans mes toiles. Cette « couleur » (certains ne considèrent pas le noir comme une couleur à proprement parler) marque des « points d’accroche » puissants pour l’observateur. Il permet aussi de mettre en valeur une couleur limitrophe en dépit de la force qu’il dégage. Ainsi le noir et toutes ces déclinaisons vers le blanc sont souvent utilisés par des artistes contemporains de manière quasi exclusive.

POURQUOI DES TABLEAUX NOIRS ?

Je dois d’abord confesser que ce que je qualifie de tableaux noirs est sans doute inapproprié. Mes tableaux ne sont pas des monochromes. Je ne saurais sérieusement les comparer à l’immense œuvre de Pierre Soulages dont le travail d’une vie a été quasi exclusivement dédiée aux monochromes noirs. Il a réussi de manière admirable à jouer de la lumière auxquelles ses œuvres renvoient et conférer de la couleur qu’un autre noir absorberait.

Il y a bien sûr des variations dans le noir principalement dûes à sa texture et à sa luminosité. Le noir que j’ai choisi dans mes œuvres qualifiées de tableaux noirs est volontairement terne et utilisé sans un quelconque medium. Il s’agit donc d’un noir que l’on pourrait avec raison décrire comme « neutre ».

Il est d’abord omniprésent et donne profondeur et mystère à la toile. Le noir renvoie, dans un réflexe atavique, à l’inconnu, au mystère et même à une certaine angoisse. A cet égard, je laisse à l’observateur le soin de juger selon sa sensibilité. Le noir est ensuite un moyen de se concentrer sur les touches de couleurs que j’ai conservées sur la toile qui, plutôt qu’être absorbées, apparaissent paradoxalement comme plus lumineuses.

Grâce au noir, les formes de couleurs apparaissent comme autant de « constellations mystérieuses » qui orientent fatalement le regard de l’observateur.

« Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abîme, l’abîme te regarde aussi ».

F. Nietzsche

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