L’ÉTRANGE VISION DU DOCTEUR VAYR

Frédéric Vayr exerce depuis près de vingt ans en qualité de chirurgien ophtalmologiste spécialisé en chirurgie réfractive à la Fondation Ophtalmologique Adolphe de Rothschild. Ce n’est pas rien mais ce n’est pas tout. Designer en mobilier contemporain puis galeriste et enfin artiste plasticien depuis fin 2016, le Docteur Vayr mène une vie professionnelle riche et multiple.

Lorsque nous avons échangé pour la première fois et qu’il m’a expliqué sa démarche en tant qu’artiste du braille comme il se définit lui-même, il m’a immédiatement éclairé sur celle-ci : créer un braille artistique, transgressif et symbolique, espérant sensibiliser les voyants à la chance qu’ils ont d’y voir et leur rappeler qu’être doté d’une bonne vision ne signifie pas forcément savoir voir et encore moins savoir prendre le temps de regarder…

Je le cite « Le braille mis en relief à la surface de mes œuvres ne se touche pas du doigt, il se caresse du regard ! ».

Que reste t-il alors à celui qui ne lit pas le Braille pas plus qu’il ne peut le toucher ? Un signe ou encore  un code, pas toujours dévoilé, source de mystère et de réflexion.

L’originalité et l’intérêt du travail de Frédéric Vayr tiennent en effet dans l’utilisation du Braille comme un code qu’il place sur des supports divers (verre, miroir, toile, cuir et papier). Cette perspective sémiologique, comme parfois chez Cy Twombly, structure son œuvre et sa philosophie. Passé le paradoxe, ces « toiles », souvent très épurées, nous plongent dans une réflexion profonde sur l’importance de la vue au point même que ce sens, ainsi sollicité, pourrait nous paraître un art en soi.

Frédéric Vayr a décliné sa technique de manière diverse. Bien sûr le sens du mot écrit en Braille nous est le plus souvent dévoilé pour mieux mettre en lumière la logique sous-tendant ses œuvres. On peut citer à cet égard son travail sur la mémoire visuelle dans son œuvre, un brin iconoclaste, “Black Mona Lisa”, dans laquelle il semble nous renvoyer au souvenir des choses et surtout des personnes que l’on a perdues de vue. Nos proches disparus ou, à l’instar de la Joconde, mille fois vue mais rarement observée, dont on a oublié comment nous l’avions regardé et l’émotion qui en avait résulté la première fois. Sur cette toile noire, n’ayant d’autre accroche visuelle que « Mona Lisa » écrit en braille, plane assurément un fantôme familier que l’on convoque à nouveau.

Le Docteur Vayr ne limite en aucun cas sa pratique à l’utilisation du Braille en relief. Certains de ses travaux, où l’alphabet Braille mis à plat et coloré ne figure plus qu’en deux dimensions, forment des œuvres d’une épure étonnante que l’on pourrait considérer comme un pointillisme moderne. Oserait-on rattacher le travail du Docteur Vayr au courant lettriste d’après-guerre quand bien même peu de gens pourraient lire son œuvre ?

Nous pourrions aussi évoquer son hommage à Mondrian et d’autres œuvres du Docteur Vayr mais nous vous laissons admirer son œuvre protéiforme sur son Instagram, son compte Twitter, sa page Facebook, son profil Linkedin ou son site internet www.fredericvayr.art.

Nous précisons que le Docteur Vayr peut vous recevoir dans son atelier showroom d’Ivry-sur-Seine dans lequel il expose ses œuvres et accueille ses visiteurs sur rendez-vous : fredericvayr.art@gmail.com / tél : 06 89 99 17 44.

En attendant, voici un aperçu de quelques unes de ces œuvres représentant son travail au fil des années :

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